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Point Presse : La blockchain appliquée au monde du livre

posté le 13 avril 2018
Point Presse : La blockchain appliquée au monde du livre

Fin février, la blockchain faisait son chemin jusqu’au ministère de la Culture. Quelle incidence pour le monde culturel que cette nouvelle technologie, qui suscite tant d’intérêt ? Une Mission du CSPLA sur les chaînes de blocs (« blockchains »), vient de présenter ses conclusions. Alors, demain tous changés en blocs ?

Confié à Jean-Pierre Dardayrol et Jean Martin, avec Charles-Pierre Astolfi et Cyrille Beaufils en rapporteurs, le rapport blockchain laisse encore l’édition dubitative. Trop facilement associée au modèle des cryptomonnaies, la blockchain est avant tout une solution à envisager comme une sorte de livre de comptes, sensément infalsifiable.

La chose est intéressante, à plus d’un titre, alors que le Syndicat national de l’édition et le Conseil permanent des Écrivains poursuivent leurs discussions autour de la reddition de comptes. Le SNE, dans un courrier adressé à ses membres, assure d’une « avancée nouvelle dans le dialogue », avec la rédaction commune d’un document pédagogique sur la reddition de compte.

« Le CPE et le SNE mettent ainsi à disposition des auteurs et des éditeurs un document rappelant les principes généraux qui régissent la reddition des comptes. Un tableau récapitulatif et un glossaire définissant les principaux termes utilisés dans une reddition des comptes viennent compléter ce dispositif », assure-t-on. Sauf qu’en tant que solution non seulement collective, mais surtout transparente, la blockchain aurait beaucoup à apporter.

Le rapport ne se consacre évidemment pas aux seules relations entre éditeurs et auteurs : de fait, il pose quelques bases sur l’utilisation que l’on pourrait faire, dans le secteur culturel, de cet outil.

Pour commencer, disons-le tout de suite, l’explication du fonctionnement de la blockchain proposé en Annexe 2 du rapport est suffisamment clair pour permettre à chacun de comprendre de quoi l’on parle. Autre point à souligner : à ce jour, un seul acteur existe en France, appliquant la blockchain au secteur du livre, Wespr. Or, ce dernier n’est pas même évoqué dans le rapport — il ne s’agit pas de pointer un oubli, peut-être de signaler une véritable absence.

Wespr : la blockchain, prochaine (r)évolution dans le monde littéraire ?

Parce qu’en effet, la blockchain aurait pour le secteur du livre une vertu non négligeable. Le rapport évoque en effet son utilisation en tant que support de transactions. Et plus spécifiquement pour la constitution d’un marché d’occasion du livre numérique. On sait combien l’occasion provoque déjà des sueurs froides dans l’ensemble de la chaîne du livre : évoquer celui du numérique semble presque obscène.

Une réalité pour le livre numérique d’occasion ?

« Dans une perspective peut-être plus éloignée, la blockchain pourrait servir à enregistrer les transactions entre consommateurs sur des produits culturels numérisables, permettant, par exemple, le développement d’un marché du livre numérique d’occasion en garantissant que le même livre n’est pas à la fois vendu et conservé par son premier propriétaire », note le rapport. L’idée serait pourtant éminemment judicieuse… Par extension, on le comprend, la blockchain pourrait également agir comme solution de traçabilité, et preuve d’origine. On parle donc de pouvoir garantir une primauté de droits sur une œuvre, ou de garantir l’originalité d’un livre sur un autre, produit ultérieurement. Car la « blockchain permet d’enregistrer des hash de transactions de façon publique et irrévocable ».

Protection de manuscrits, perception de droits…

Application concrète ? « Un manuscrit de plusieurs centaines de pages, ou un contrat peuvent ainsi être “hashés” puis insérés dans la blockchain à un moment précis. Muni d’un manuscrit ou d’un contrat, un autre utilisateur pourra alors vérifier qu’il correspond exactement à celui qui a été enregistré dans la blockchain à cette date. »

Une version 3.0 du cachet de La Poste bien pratique pour les écrivains. C’est d’ailleurs ce que propose la start-up Ascribe, qui « propose à ses clients d’enregistrer la trace de leurs écrits sur la blockchain, pour être en mesure, par la suite, d’en revendiquer l’attribution, mais aussi pour les distribuer, par exemple sous la forme d’éditions limitées ».

La garantie d’exécution des contrats fait également partie des solutions à venir. Avec par extension, la possibilité d’automatiser la collecte et le reversement des droits d’auteurs et des droits voisins. « Une start-up comme Ujo Music ambitionne ainsi de rendre obsolètes — ou de se substituer — aux organismes de gestion collective en permettant aux musiciens de percevoir directement et immédiatement les droits sur leurs œuvres lorsque celles-ci sont jouées », souligne le rapport. De quoi déplaire, évidemment, aux organismes actuellement chargés de cette distribution — personne n’aime se dire qu’un outil binaire va remplacer une structure humaine. Même binaire.

Un futur qui ne manque clairement pas d’avenir

Toutefois, le rapport est clair : avant que la blockchain ne se déploie activement dans le secteur culturel, bien des points seront à régler, et préciser. Les applications ne manquent pas, mais encore faudra-t-il qu’elles soient appréhendées et que les opérateurs dans les maisons d’édition se les approprient.

Entre la capacité à renforcer l’efficacité et la sécurité de certains opérateurs, ou la tendance à favoriser l’émergence de start-ups, le devenir de la blockchain reste à écrire. Avec une unique recommandation du rapport : « Cependant, les changements majeurs que pourraient introduire les usages de cette technologie ne peuvent qu’inciter les acteurs du monde culturel à s’intéresser à celle-ci et à développer de premiers projets, l’innovation étant plus à même que l’attentisme de suivre (voire devancer) des pratiques culturelles en constante évolution. »

Le rapport est à télécharger depuis cette adresse.

Source : https://www.actualitte.com/article/lecture-numerique/securite-transparence-la-blockchain-appliquee-au-monde-du-livre/88214

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